Kate Oliver
La vie est trop complexe et imbriquée pour que je puisse créer une œuvre d'art centrée sur un seul sujet. C'est pourquoi le terme « ontologie » me semble le plus approprié pour ma pratique. Féminisme, deuil, colère, joie, enfance : tout cela fait partie de la vie, mais aucun élément ne la saisit entièrement. Pour qu'une peinture paraisse vivante, elle doit embrasser toute cette dimension simultanément.
Peindre, c'est quand mes pensées frénétiques commencent à s'apaiser – non pas qu'elles s'arrêtent, mais parce qu'elles se fondent dans l'œuvre. C'est cathartique, méditatif et urgent. Ayant vécu avec une maladie mentale depuis mon plus jeune âge, je sais que la créativité guérit, même si j'explore encore pourquoi et comment. Je peins souvent à même le sol pour dédramatiser et me sentir moins intimidée. Une toile plane invite au mouvement, et la gravité agit différemment : la peinture, diluée, s'accumule, se mélange et se transforme du jour au lendemain de façon imprévisible, un peu comme une glaçure dans un four.
La couleur est au cœur de mon travail. Inspirée par les ciels du Northumberland, j'ai développé une palette personnelle, fondée sur des termes intuitifs comme « juteux », « épicé » et « laiteux ». Chaque tableau requiert un équilibre entre ces qualités. Difficile à définir, ce langage chromatique est instinctif, reflet des interrogations que je me pose constamment en peignant.